SRCC : les violences politiques deviennent un enjeu central pour les entreprises internationales
La conflictualité mondiale bouleverse les programmes d'assurance
La conflictualité mondiale connaît une accélération sans précédent. Partout, les tensions internes se radicalisent et bouleversent les équilibres qui structuraient jusqu’alors les programmes d’assurance dommages aux biens, pertes d’exploitation, responsabilité civile et polices spécialisées SRCC (Strike, Riot & Civil Commotion - Grève, Émeute et Mouvement Populaire). Ce phénomène ne relève plus du signal faible : il redéfinit déjà le périmètre des garanties et laisse apparaître des zones de non-couverture critiques.
Dans de nombreux programmes globaux, les périls SRCC se retrouvent désormais fortement sous‑limités, voire purement exclus. Cette évolution met en lumière une réalité incontournable : le marché standalone SRCC n’est plus une option complémentaire. Il devient un levier essentiel pour restaurer un niveau de protection cohérent face à des risques désormais systémiques.
SRCC : un risque qui explose et redéfinit les priorités
Les données l’illustrent clairement : en vingt ans, le volume de sinistres liés aux émeutes, grèves et mouvements populaires a augmenté de plus de 3000 %. Cette évolution a propulsé ce périmètre de risque au premier plan des préoccupations des risk managers.
Les pertes récentes témoignent de l’ampleur du phénomène. En France, les émeutes de 2023 ont généré 730 millions d’euros de dommages ; en Nouvelle Calédonie, les violences de 2024 ont atteint un milliard d’euros. L’Afrique du Sud a enregistré 37 milliards de rands de pertes en 2021 et les États Unis deux milliards de dollars en 2020, lors des émeutes faisant suite à la mort de George Floyd.
Selon le Forum Économique Mondial, l'ampleur de ces dernières a profondément redessiné le marché de l'assurance. Les scénarios catastrophe envisagent désormais des pertes potentielles allant jusqu’à quatre milliards de livres au Royaume Uni et vingt milliards de dollars aux États Unis. Pour les acteurs de l'économie déployés à l'internationale, cela confirme que le risque de violence politique n’est plus périphérique ; il devient stratégique.
Les dernières analyses consolidées par Howden indiquent d’ailleurs qu’un risk manager sur trois a déjà été directement touché par un épisode de violence politique et considère désormais ce risque comme un enjeu majeur pour son organisation. En Europe, il devance même les préoccupations climatiques dans la hiérarchie des priorités. Sur le marché de la réassurance, cette montée de l’incertitude géopolitique place les risques de guerre et les périls SRCC au centre des discussions de renouvellement, renforçant les exigences et modifiant en profondeur les appétits.

Une transformation guidée par l’évolution des sociétés
L’exposition des entreprises aux risques de violences politiques évolue en profondeur dans un monde marqué par une urbanisation rapide, l’essor de vastes zones métropolitaines et une concentration accrue des activités économiques dans des espaces densément peuplés.
À cela s’ajoute un affaiblissement constaté de la cohésion sociale, alimenté par une défiance croissante envers les institutions, des tensions autour des dispositifs de maintien de l’ordre et la montée de mouvements contestataires aux revendications multiples.
Cette polarisation sociale s’accompagne d’un effet amplificateur puissant : celui des réseaux sociaux, qui facilitent la mobilisation, accélèrent la propagation des rassemblements et augmentent mécaniquement la fréquence comme l’intensité des épisodes d’émeutes, de manifestations et d’agitation sociale à l’échelle internationale.
Le Carnegie Endowment for International Peace note ainsi qu’au cours des douze derniers mois, 113 manifestations antigouvernementales de grande ampleur ont éclaté dans 69 pays, tandis que 34 mouvements significatifs restent encore actifs à ce jour. Cette dynamique met en lumière que la contestation devient durable, mondialisée et de plus en plus difficile à anticiper.
Dans cet environnement de tensions multifactorielles, les assureurs redoublent de vigilance pour anticiper des scénarios de crise désormais plus volatils et moins prévisibles : les sinistres peuvent survenir dans des zones réputées stables, se déclencher de manière simultanée ou toucher des actifs indirectement exposés, complexifiant considérablement l’évaluation du risque.


Les grands groupes en première ligne
Les groupes internationaux apparaissent mécaniquement plus exposés que les PME. Leur présence multi pays, parfois dans des environnements instables, leur dépendance à des infrastructures critiques - ports, hubs logistiques, data centers - ou encore leur forte visibilité peuvent transformer certains sites en cibles symboliques lors d’épisodes de tensions sociales.
Les impacts potentiels sont considérables : pertes d’exploitation massives, interruption de la supply chain, dommages matériels sur des implantations stratégiques ou à forte valeur assurée, coûts de sécurisation ou de relocalisation, atteintes graves à la continuité d’activité.
Cette exposition accrue s’accompagne d’une forte hétérogénéité de traitement du SRCC selon les pays. Exclusions locales, limitations spécifiques, interprétations légalistes, zones à risques renforcés, programmes multicouches ou captives non alignées complexifient la gestion globale du risque. Dans ce contexte, l’intervention d’un courtier global capable d’harmoniser la couverture et de structurer la cohérence d’un Global Program devient essentielle.
L’intégration du SRCC dans une démarche complète d’Enterprise Risk Management (ERM) constitue désormais une exigence de maturité. La couverture doit s’inscrire dans la cartographie des risques, les plans de continuité d’activité (PCA), les scénarios de stress, ainsi que dans les plans de prévention, de sûreté et de sécurité.
Parallèlement, le marché SRCC évolue rapidement : durcissement dans certaines zones, exigences de prévention renforcées, audits de sécurité, plans d’évacuation, segmentation par zones rouges ou oranges. Un pilotage expert est indispensable pour garantir une couverture robuste et adaptée.
Marché Européen ou Lloyd’s & marché londonien : Howden, votre passerelle vers les meilleures capacités
Notre mission est de vous aider à évaluer la performance de votre couverture actuelle et à définir l’équilibre pertinent entre votre programme global et une solution standalone.
Cette dernière présente un avantage déterminant : en cas de sinistre, elle mobilise exclusivement sa propre capacité et préserve ainsi l’intégrité du programme principal, un bénéfice crucial dans un contexte où les périls SRCC sont marqués par une fréquence et une intensité croissantes. Elle permet également d’isoler plus efficacement le risque, d’optimiser le coût global et de bénéficier d’une expertise spécialisée en Terrorisme & Violence politique.
Si les polices Dommages et RC restent essentielles, elles ne couvrent plus l’ensemble des menaces actuelles. Les solutions Standalone Terrorisme & Violence politique répondent à ces nouvelles exigences grâce à des définitions élargies et des extensions adaptées aux besoins opérationnels.
En complément de nos partenaires assureurs historiques français, nous pouvons également nous appuyer sur le marché londonien - notamment via notre lien historique avec les Lloyd’s, qui représente pour nous une source supplémentaire d’expertise et de capacité. Nous sommes particulièrement fiers que notre équipe ait été classée n°1 dans le rapport Leading Brokers 2025 de Gracechurch, une reconnaissance de notre excellence technique et de notre engagement.
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Chargé de comptes Crédit, Cautions et Risques Politiques
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