Dommages, RC & Standalone Terrorisme – Violence politique : une complémentarité stratégique en France et à l’international
Terrorisme, violences politiques : repenser la protection des entreprises
Les dernières années ont été marquées par une montée des risques liés au terrorisme et à la violence politique.
Attentats, émeutes, sabotages, tensions géopolitiques… Ces menaces fragilisent les entreprises bien au-delà des zones directement touchées.
Une dynamique particulièrement visible dans les pays occidentaux où la densité urbaine, l’interconnexion des chaînes d’approvisionnement et la médiatisation instantanée amplifient les perturbations.
Dans ce climat incertain, l'enjeu ne se limite plus à être assuré : il s’agit de construire une véritable résilience opérationnelle, avec des garanties adaptées aux scénarios réels.

La conflictualité n’est plus un risque périphérique, mais un facteur central de continuité des activités. Ignorer cette réalité, c’est fragiliser la résilience de l’entreprise.
Les chiffres parlent d'eux-même
Les 500 senior risk managers d’entreprises multinationales interrogés dans le cadre de l’étude Howden Stepping up – Political risk insurance in a volatile world ont signalé des problèmes liés :
- à la conversion de devises (40 %)
- aux droits de propriété (40 %)
- à des actes de violence politique (33 %)
- au non respect d’une sentence arbitrale par un gouvernement étranger (25%)
- au refus d’un gouvernement étranger de permettre à l’entreprise de reprendre possession d’équipements ou de stocks (18%)
- à des dommages résultants de guerres, d’actes terroristes ou de violences politiques (17%)
Et non sans raison. Selon l’étude Political Risk Outlook à l’horizon 2030,
- le risque de violence politique a augmenté dans 136 pays sur les 5 dernières années
- 50 pays ont connu une dégradation statistiquement significative
- le nombre de pays exposés à des conflits actifs ou latents est en hausse continue depuis 2021
- les troubles civils (grèves, émeutes, violences politiques de basse intensité) progressent, y compris en Europe
Sans surprise, le Future Risks Report 2025 (AXA) confirme que, si le risque climatique demeure en 2025 la principale préoccupation des dirigeants à l’échelle mondiale, en Europe – et plus particulièrement en France – le risque géopolitique dépasse pour la première fois les inquiétudes liées au climat.
Pourquoi les polices classiques ne suffisent plus
Les polices Dommages aux Biens et Responsabilité Civile (RC) restent des piliers essentiels pour protéger les actifs et les tiers. Mais face à la complexité des risques actuels, leurs limites apparaissent clairement.
Voici pourquoi :
- Dommages matériels
Les entreprises peuvent subir des dégâts matériels majeurs à la suite d’actes terroristes, d’émeutes, d’insurrections locales, voire d’actes de guerre. Or, les polices dommages classiques peuvent exclure certains de ces périls, sous-limiter les indemnisations, ou conditionner la couverture à des définitions restrictives.
- Pertes d’exploitation et revenus locatifs
Au-delà des dommages matériels, l’arrêt ou la perturbation de l’activité peut entraîner des pertes considérables (déblaiement, décontamination, reconstruction, difficultés d’approvisionnement, baisse de fréquentation…). Le problème est que la plupart des polices exigent un dommage matériel garanti pour déclencher la prise en charge des pertes d'exploitation.
Conséquences :
- Une impossibilité d’accès au site n’est couverte que si elle résulte de dommages matériels garantis (y compris dans le voisinage).
- Une simple baisse de la demande ou de la fréquentation n’est pas indemnisée, sauf si la police prévoit une extension spécifique (ex. « perte d’attractivité ») et si l’événement générateur est couvert.
- Responsabilité Civile (RC)
En RC, les faits de terrorisme ou de violence politique sont souvent exclus, limités ou conditionnés, notamment en l’absence de faute de l’assuré. Les recours de tiers (clients, riverains, bailleurs) peuvent donc rester sans prise si la clause n’est pas rédigée ad hoc.
Des zones de non-couverture peuvent coûter cher en cas de crise.

La réponse : des solutions Standalone ciblées et complémentaires
C’est là que les polices "Standalone" dédiées au Terrorisme et à la Violence politique entrent en jeu. Elles offrent :
- Définitions élargies : terrorisme, grèves, émeutes, insurrection, coup d’État, guerre.
- Extensions clés : impossibilité d’accès, perte d’attractivité, pertes d’exploitation sans dommage.
- Limites dédiées : non érodés par d’autres sinistres.
- Harmonisation internationale : indispensable pour les groupes multi-pays.
Ces garanties spécialisées complètent les polices traditionnelles et permettent de combler les angles morts.
France vs International : des régimes très différents
En France, les dommages aux biens résultant d’actes de terrorisme sont automatiquement couverts en vertu des articles L126 1 à L126 3 du Code des assurances. La garantie terrorisme est donc intégrée d’office aux contrats Dommages.
Pour assumer ce risque exceptionnel, les assureurs transfèrent une partie de leur exposition au GAREAT (Gestion de l'Assurance et de la Réassurance des risques Attentats et actes de Terrorisme), un dispositif mutualisé, auquel est adossée la CCR (Caisse Centrale de Réassurance), qui apporte – pour le compte de l’État – une couverture illimitée en dernier ressort.
Mais attention :
- Les grèves, émeutes et mouvements populaires (SRCC) ne relèvent pas du GAREAT. Ils peuvent être couverts de façon plus ou moins limitée par certaines polices dommages, et très variablement selon les compagnies en fonction de l’activité et de la localisation
- Les insurrections, révolutions, coups d’État ou guerres sont expressément exclus en application du Code des Assurances.
- Les clauses d’accès, d’attraction et certaines extensions de pertes d’exploitation sans dommage direct ne sont pas systématiques ou restent plafonnées.
Même en France, un programme uniquement Dommages/RC peut laisser des angles morts sur les risques de violence politique au sens large.
À l’international, la couverture varie fortement selon les pays. Le périmètre peut reposer sur :
- des pools étatiques obligatoires ou facultatifs (ex. Pool Re au Royaume-Uni, TRIA aux États Unis) ;
- des polices dommages classiques, souvent dotées d’exclusions ou de sous limites pour terrorisme/violence politique ;
- aucune couverture disponible de plein droit dans certains marchés.
D’où l’importance d’un programme global harmonisé.
Une couverture sur mesure pour une résilience totale
Pour maximiser la protection, il est essentiel d’articuler efficacement les garanties Dommages/RC avec une couverture Standalone Terrorisme & Violence politique conçue sur mesure.
Ces solutions spécialisées permettent :
- De combler les exclusions et sous-limites des polices traditionnelles, en prenant le relais sur les périls non couverts ou plafonnés.
- D’offrir un capital dédié, « ring-fenced », qui évite de concurrencer les capitaux Dommages en cas de multi-sinistres et stabilise la trésorerie lors de la reprise d’activité.
- De sécuriser l’expérience sinistre, grâce à des équipes expertes habituées à gérer des événements sensibles, réduisant ainsi la durée et le coût d’arrêt.
- D’intégrer des extensions RC ciblées, pour maximiser la portée des garanties.
Cette complémentarité est la clé d’un programme robuste et cohérent face à des risques en forte évolution.
Comment mettre en place un programme robuste ?
Pour une entreprise multi pays, la bonne pratique consiste à déployer un programme international Terrorisme & Violence politique :
Un contrat Master
Des polices locales
Règle « non admis non autorisé »
Une réassurance par le Master
Cas concrets : quand la complémentarité fait la différence
- Risque : émeutes, impossibilité d’accès, perte d’attractivité.
- Impact : fermeture prolongée des magasins, baisse durable de fréquentation.
- Solution : une police Standalone Violence Politique couvrant la perte d’exploitation sans dommage, l’impossibilité d’accès et la perte d’attractivité.
- Exemple : après des émeutes urbaines, un réseau de boutiques a pu relancer ses opérations rapidement grâce à un capital dédié, évitant une perte de chiffre d’affaires estimée à plusieurs millions.
- Risque : sabotage, blocage d’axes, dommages aux sites tiers impactant la chaîne d’approvisionnement.
- Impact : arrêt de production, pénalités contractuelles.
- Solution : extensions Contingent Business Interruption (CBI) en Violence Politique et clauses d’accès.
- Exemple : un fabricant a pu maintenir ses livraisons malgré la fermeture d’un port stratégique, grâce à une couverture CBI activée sans dommage direct.
- Risque : dégâts aux parties communes, baisse durable de fréquentation.
- Impact : perte de revenus locatifs, dévalorisation des actifs.
- Solution : Standalone Violence Politique incluant la perte de revenus locatifs et la perte d’attractivité.
- Exemple : un gestionnaire d’immeubles a pu compenser la baisse de loyers après des troubles civils prolongés dans le quartier.
Face à la montée des risques terroristes et politiques, les polices Dommages et Responsabilité Civile restent indispensables, mais elles ne suffisent plus à couvrir la complexité des menaces actuelles.
Les solutions Standalone Terrorisme & Violence politique apportent des définitions élargies, des limites dédiées et des extensions adaptées aux réalités opérationnelles, garantissant une résilience renforcée.
Nos experts combinent analyse des expositions, audit contractuel et design de programmes internationaux harmonisés pour éliminer les zones de non-couverture et sécuriser vos opérations, en France comme à l’international.
En nous confiant votre programme, vous bénéficiez :
- d’une vision 360° des risques,
- d’un accès aux marchés spécialisés pour des capacités optimisées,
- et d’un pilotage continu pour anticiper l’évolution des menaces.
Ne laissez pas l’incertitude fragiliser votre activité.

La meilleure protection n’est pas seulement une question de garantie, mais de stratégie globale et de réactivité face à l’imprévisible.
Contactez notre expert pour construire un programme robuste, cohérent et adapté à vos enjeux.





