Santé Protection Sociale : comment se positionne la France dans les tendances mondiales ?
Howden publie son nouveau rapport Protection Sociale à l'international 2026 "The changing face of global employee health", une analyse approfondie des tendances internationales qui redéfinissent la santé et la prévoyance en entreprise.
Grâce à notre présence mondiale et à nos expertises locales, nous avons pu comparer les spécificités du marché français aux tendances globales : l'inflation médicale en progression constante, les enjeux liés à la santé mentale, les attentes des salariés vis-à-vis de l'offre de complémentaire santé et prévoyance de leur entreprise.

L'exception française : une inflation maîtrisée en 2026
La tendance médicale projetée pour 2026 en France est de +5 %, nettement inférieure à la moyenne européenne (+8,5 %) et mondiale (+10,6 %), pour une inflation estimée à +1,5%. Ces hausses de cotisations pour les entreprises sont de plus en plus difficiles à absorber lorsque la contribution employeur est obligatoire et représente déjà 3 à 5 % de la masse salariale.
La situation est accentuée par :
- des ajustements réglementaires et fiscaux fréquents,
- un transfert progressif de certains coûts du public vers les complémentaires santé,
- les tendances démographiques : baisse de la natalité, vieillissement de la main-d'oeuvre, progression des maladies chroniques.
Face à ces tensions, les entreprises renégocient plus fréquemment leurs contrats, ajustent leurs barèmes de participation lorsque cela est possible, et intensifient leurs investissements dans la prévention, l’accès digital aux soins et les programmes de santé au travail.
Accès aux soins : des délais qui s'allongent pour les salariés
Si la qualité du système de santé public français n'est plus à démontrer, les délais d'accès varient fortement selon le lieu de résidence. Les salariés en zones rurales peinent à obtenir des rendez-vous, notamment avec des spécialistes, et même certaines zones urbaines restent dépourvues notamment en dermatologie et stomatologie.
Cette problématique n'est pas uniquement française. À l'échelle européenne, les délais d'attente représentent un défi majeur : 21% des salariés européens attendent plus d'un mois pour un premier rendez-vous médical, contre seulement 6% dans la région Pacifique.
La France se situe dans cette tendance européenne où les systèmes de santé sont sous tension.
Pour réduire ces disparités, les organisations recourent de plus en plus aux solutions numériques, comme la téléconsultation, qui permettent aux salariés d'accéder rapidement à un médecin sans déplacement. Le recours au privé se développe également : à l'échelle mondiale, 51% des salariés s'appuient désormais exclusivement sur le système de santé privé pour leurs traitements les plus sérieux, un chiffre qui reflète la pression croissante sur les systèmes publics.

Nouvelles thérapies : bénéfices réels, mais complexité croissante
Les avancées thérapeutiques - qu'il s'agisse des traitements en oncologie, des solutions pour les maladies chroniques ou des très médiatisés médicaments GLP-1 - transforment le paysage de la santé.
À l'international, la question du coût de ces nouvelles thérapies préoccupe les employeurs : 65% des entreprises mondiales citent la tendance croissante des médicaments GLP-1 comme une préoccupation financière, et 53% s'attendent à une augmentation des coûts liés au diabète et à l'obésité de 5 à 25% en 2026.
En France, leur prescription et leur remboursement sont strictement encadrés. C’est pourquoi les dépenses liées aux GLP-1 restent à ce jour contenues, contrairement à d’autres pays européens.
Les entreprises doivent clarifier les frontières entre prestations remboursées par la Sécurité Sociale et garanties relevant des contrats collectifs, pour anticiper les engagements financiers et éviter les mauvaises surprises. Les parcours de soins s'allongent, en particulier pour les maladies chroniques, brouillant les frontières entre complémentaire santé, gestion de l'invalidité et accompagnement au retour au travail.

La technologie transforme l'accès aux soins
La santé numérique est désormais incontournable : téléconsultation, plateformes d'accompagnement, prévention digitale... Ces outils répondent à un double enjeu : réduire les délais d'accès et mieux accompagner les salariés dans leur parcours. Les employeurs y voient un moyen de réduire les inégalités territoriales et de limiter les absences pour des consultations de routine.
L'intelligence artificielle bouleverse également le secteur : 68% des salariés dans le monde déclarent faire confiance à l'IA dans leur parcours de santé, notamment pour les diagnostics, les traitements et la gestion des demandes de remboursement. Du côté des employeurs, 48% souhaitent voir l'IA adoptée plus largement, principalement pour les diagnostics intelligents (45%), le traitement des demandes de remboursement (37%) et l'analyse prédictive des sinistres à coût élevé (37%).
Le numérique permet également de mieux orienter les salariés, de les aider à comprendre leurs garanties et de favoriser la prévention. Certaines entreprises organisent même des journées de sensibilisation ou de dépistage sur site via des prestataires, avec un taux d'adoption variable selon les secteurs et la taille des organisations.
L'enjeu principal reste l'intégration : ces outils ne sont réellement efficaces que lorsqu'ils s'inscrivent dans un déroulé cohérent et bien expliqué, plutôt que dans une addition de solutions isolées.
Les outils digitaux redessinent le parcours de soin, en le rendant plus simple plus fluide, et nécessitent une communication régulière pour accroitre ses usages.
Santé mentale : un enjeu encore marqué par la stigmatisation
La santé mentale est devenue l'un des premiers facteurs d'absentéisme dans le monde. Stress, anxiété et risques psychosociaux touchent désormais toutes les catégories de salariés, avec une forte prévalence chez les jeunes.
Les chiffres internationaux confirment l'ampleur du phénomène : 49% des salariés dans le monde ont eu recours à un soutien en santé mentale l'an dernier. Les employeurs identifient la santé mentale comme le principal facteur de risque pour 2026 et le plus gros contributeur aux coûts de leurs régimes de santé. Pourtant, 18% des salariés interrogés hésitent à utiliser les dispositifs proposés par leur employeur, par crainte de stigmatisation (38%), d'un impact sur leur carrière (39%) ou d’un manque de confidentialité (38%).
Si l'État renforce les dispositifs publics en France (Mon Soutien Psy) ils ne couvrent pas toujours l'intégralité des coûts, en particulier dans les grandes villes où les tarifs sont plus élevés. Par conséquent, les employeurs doivent souvent financer des séances supplémentaires ou des dispositifs plus complets.
La confidentialité reste un élément central, garantissant la confiance des salariés tout en limitant la visibilité des employeurs sur les tendances. Sur le plan financier, les absences liées à la santé mentale deviennent une charge significative, alimentant les débats autour des arrêts de travail ou de l'évolution des régimes de prévoyance.

La santé mentale mérite des dispositifs aussi accessibles que ceux mis en œuvre pour la santé physique. En 2025, l'intégration de la couverture santé mentale n'est plus une option.
L'importance stratégique des régimes de santé pour la fidélisation
Au-delà des enjeux de santé, les régimes collectifs sont devenus un levier stratégique de fidélisation et d'attractivité des talents.
L'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des salariés et protéger leur santé, tant physique que mentale. À ce sujet, 90% des employeurs sondés estiment que leur régime de santé répond aux besoins de leurs collaborateurs en matière de santé et prévoyance. 74% estiment même qu'un bon dispositif de santé contribue à la rétention des talents, 63% qu'il maximise la productivité et 55% qu'il aide à attirer de nouveaux collaborateurs.
Pourtant dans le même temps, 25% des salariés considèrent ne pas se sentir soutenus par leur entreprise en matière de santé.
Au regard de ces chiffres, il n'est pas étonnant que 60% des salariés déclarent qu'ils sont plus susceptibles de rester chez un employeur offrant une complémentaire santé solide, et que 49% affirment que cela influence leur décision lors d'une recherche d'emploi.
Dans un marché du travail tendu, ces chiffres confirment que la santé n'est plus un avantage périphérique mais un pilier de la proposition de valeur de l'employeur.
Comment mieux piloter votre stratégie santé ?
Pour naviguer dans ce paysage complexe, les employeurs français doivent combiner trois leviers :
- Maîtrise des coûts : analyse des facteurs de dépenses et anticipation des tendances internationales
- Accès facilité aux soins : intégration du digital, téléconsultations, prévention structurée
- Clarté et accompagnement : communication auprès des salariés, compréhension des règles de remboursement, gestion des nouvelles thérapies
Fort de son expertise locale et d'une approche proactive, Howden va bien au-delà de la simple gestion des contrats : nous aidons les employeurs à transformer leurs programmes de Protection Sociale en leviers de performance durable.
Notre présence mondiale nous permet de :
- Comparer les pratiques françaises par rapport aux standards internationaux
- Négocier avec les assureurs en s'appuyant sur notre poids et notre connaissance approfondie des marchés européens et mondiaux
- Anticiper les tendances émergentes (IA, nouveaux traitements, santé mentale) avant qu'elles n'impactent les budgets
- Identifier des solutions éprouvées dans d'autres pays et adaptables au contexte français
En anticipant les évolutions réglementaires, en optimisant les garanties et en intégrant des solutions et services innovants, Howden permet aux organisations de maîtriser leurs coûts tout en renforçant le bien-être des collaborateurs.
Notre mission est de bâtir des stratégies de protection sociale résilientes, conformes et pérennes, qui soutiennent la productivité et la compétitivité des entreprises en France - en s'appuyant sur une expertise qui dépasse largement les frontières de l'Hexagone.

Pour plus d'informations, téléchargez le rapport
The changing face of global employee health