Marché de l’électricité et des énergies renouvelables : des opportunités à saisir début 2026

Howden décrypte l’évolution du marché mondial de l’électricité et des énergies renouvelables, à la lumière de son analyse du marché assurantiel énergie en France au premier trimestre 2026.

Dans un contexte de forte croissance de la demande énergétique et d’accélération des investissements dans les capacités de production et les infrastructures de réseaux, le début de l’année 2026 s’inscrit dans une phase de dynamisme pour les acteurs du secteur, tant pour le développement de nouveaux projets que pour l’extension d’actifs existants.

Une demande électrique en forte accélération

L’essor de l’intelligence artificielle, la multiplication des data centers et l’électrification croissante des usages exercent une pression durable sur les besoins en électricité , en France comme à l’échelle mondiale. Selon les projections d’Enedis (scénario médian), la consommation électrique française pourrait augmenter de 20% d’ici 2035 pour atteindre 396 TWh. 

Pour y répondre, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), publiée en février 2026, fixe les objectifs pour la décennie à venir. Toutefois, les capacités prévues restent inférieures aux projections d’une partie des acteurs sur certaines filières, avec notamment des retards persistants dans l’éolien marin et des niveaux de développement plus limités en agrivoltaïsme.

Dans ce contexte, le nucléaire civil confirme son rôle structurant pour garantir la stabilité des réseaux et la sécurité d’approvisionnement, en complément d’un mix énergétique appelé à se diversifier.

Des filières en développement, à des rythmes différenciés

Une filière biogaz en croissance

Portée à la fois par des évolutions réglementaires favorables (rehaussement du coefficient de modulation des CPB et amélioration des conditions financières de raccordement) et par des investissements importants de GRDF dans le maillage de son réseau , la filière biogaz connaît une nouvelle phase de développement après une année 2025 de transition. 

L’objectif affiché par l’opérateur est de porter la part de biogaz dans son réseau à 20 % à l’horizon 2030, dans un contexte géopolitique marqué par une hausse significative du coût des approvisionnements en gaz, qui renforce les enjeux de souveraineté énergétique associés.

Opérationnellement, cette croissance se traduira à parts égales par la conversion d’une partie des unités de cogénération, l’augmentation de la puissance du parc installé et la construction de nouvelles unités. 

biogaz

La géothermie désormais soutenue

Egalement inscrite dans la loi de 2023, cla géothermie présentant un potentiel de développement significatif reste encore peu déployée à ce stade avec moins de 1% de la consommation de chauffage en France ou seulement 2% des énergies renouvelables, dans un contexte qui a jusqu’ici limité le développement de la filière.
Les sept mesures prises à l’été 2025 par les ministères concernés, visant à lever les freins techniques, réglementaires et financiers, ainsi que les objectifs inscrits dans la PPE de tripler la production d’ici 2030, tant en géothermie de surface qu’en géothermie profonde, sont susceptibles de modifier les conditions de développement de la filière.
L’augmentation du nombre de projets de forage profonds (+200 mètres) observée à partir de 2027 traduit une inflexion du rythme des projets, facilitée par l’arrivée de nouvelles capacités de forage.

geothermie

Une filière de la décarbonation en phase d’émergence

La pression exercée sur la décarbonation des procédés industriels (sidérurgie, chimie) et des transports (aérien et maritime) s’intensifie. Elle est renforcée par les enjeux d’indépendance stratégique et par un contexte géopolitique instable, permettant le déblocage progressif de projets d’infrastructures majeurs (SAF, e‑méthanol, hydrogène, ammoniac vert).
Les coûts de financement élevés, combinés à la nécessité de sécuriser des débouchés commerciaux, ont jusqu’à présent freiné l’émergence de ces projets. Les premiers chantiers, en France comme ailleurs en Europe, devraient débuter entre la fin 2027 et le début 2028.

decarbonation
Energie

Un marché de l’assurance énergie contrasté

Dans ce contexte, le marché de l’assurance dédié à l’électricité et aux énergies renouvelables présente des situations très hétérogènes, y compris au sein d’une même filière.

  • En photovoltaïque, les taux demeurent globalement faibles, alors que les acteurs font face à des conditions économiques moins favorables (baisse du prix de rachat de l’électricité au 1er avril, fiscalité plus lourde, fermeture du guichet S21), pesant sur leurs marges. Les assureurs privilégient principalement les projets de grande taille. L’agrivoltaïsme, encore insuffisamment appréhendé en matière de risques, reste complexe à assurer.
  • La filière biogaz fait face à une dégradation des résultats techniques. Le durcissement du marché se traduit notamment par des niveaux de franchise plus élevés, une sélectivité accrue des risques et des exigences renforcées en matière de prévention.
  • Enfin, la géothermie profonde, du fait des contraintes liées au forage, demeure assimilée au secteur pétrolier et reste aujourd’hui peu couverte par les assureurs, avec une offre encore limitée.

Cette situation entretient une concurrence soutenue entre assureurs sur les projets jugés les plus maîtrisés. Pour les porteurs de projets et exploitants, cela se traduit par :

  • une pression marquée pour maîtriser les tarifs et optimiser les conditions,
  • une nécessité de mobiliser des capacités de qualité,
  • des extensions de garanties et des améliorations contractuelles,
  • une plus grande souplesse dans la structuration des programmes, notamment via des accords pluriannuels.

Dans un contexte marqué par un pipeline mondial de projets particulièrement dense, cette dynamique s’accompagne également d’une sélectivité accrue et d’exigences techniques renforcées de la part des assureurs.

Vincent Allonier
Nous observons aujourd’hui une abondance de capacités et une pression concurrentielle durable entre assureurs, y compris dans un contexte de performances techniques contrastées. Pour les porteurs de projets comme pour les exploitants, c’est le bon moment pour repenser et optimiser leurs programmes d’assurance.
Vincent Allonier
Vincent Allonier - Directeur secteur Energie

Transition énergétique et sécurité d’approvisionnement : vers un modèle plus pragmatique

Les assureurs réaffirment leur engagement en faveur de la transition énergétique, tout en confirmant leur soutien au parc de production conventionnel existant et à venir. Les enjeux de sécurité énergétique, de fiabilité des réseaux et de maîtrise des coûts s’imposent désormais au même niveau que les objectifs environnementaux.
Cette évolution se traduit en France par : 

  • un soutien accrue à la filière nucléaire, garante de sa souveraineté énergétique, 
  • le développement renforcé des énergies renouvelables malgré les incertitudes réglementaires et politiques, 
  • l’émergence de nouvelles filières industrielles dédiées à la décarbonation et, 
  • une approche plus pragmatique de certains risques historiquement contraints par des considérations ESG.
Rapport energie

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Dans cet environnement, l’anticipation et la structuration des programmes d’assurance constituent un levier stratégique clé pour sécuriser les projets et optimiser les conditions.
Howden France accompagne les porteurs de projets, exploitants et investisseurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la construction à l’exploitation, en intégrant les enjeux contractuels, assurantiels, financiers et opérationnels.
Grâce à une lecture fine des dynamiques de marché et à une mise en concurrence élargie des capacités, Howden aide ses clients à sécuriser leurs projets, optimiser leurs conditions d’assurance et tirer parti des opportunités offertes par ce contexte assurantiel contrasté.