Énergie : quand le coût d'un retard dépasse la valeur de l'équipement
La transition énergétique s'accompagne d'une multiplication des projets industriels d'envergure : parcs éoliens, centrales photovoltaïques, installations hydrogène, infrastructures de réseau ou encore systèmes de stockage d'énergie.
Derrière ces projets se joue un enjeu déterminant : le transport d'équipements critiques dont la valeur ne se limite pas à leur coût de remplacement.
Un transformateur, une turbine, un électrolyseur ou un système de stockage par batteries peuvent représenter plusieurs millions d'euros de marchandises transportées.
Mais un dommage matériel affectant ces équipements peut surtout compromettre le calendrier et l'équilibre économique d'un projet entier.
Dans ce contexte, les enjeux Cargo et DSU (Delay in Start-Up) occupent une place croissante dans la gestion des risques des acteurs de l'énergie.
Des équipements hors normes
Les projets énergétiques reposent sur des équipements présentant des caractéristiques très particulières :
- des valeurs unitaires très élevées ;
- des colis lourds ou hors gabarit ;
- des équipements conçus sur mesure ;
- l'absence de stock disponible ou de pièce de rechange ;
- des délais de fabrication pouvant atteindre 12 à 24 mois ;
- une forte sensibilité aux chocs, vibrations, variations d'humidité, phénomènes de condensation ou de corrosion.
Transformateurs de puissance, turbines, générateurs, composants d'éoliennes offshore, électrolyseurs ou systèmes de stockage figurent parmi les actifs les plus sensibles de ces opérations.
Leur remplacement dépend non seulement de leur valeur financière, mais aussi de capacités industrielles limitées et de délais de fabrication souvent incompressibles.
Une chaîne logistique exposée à de multiples risques
Le parcours de ces équipements est rarement linéaire. La fabrication peut intervenir dans un pays, l'assemblage dans un autre, avant un transport maritime, des opérations de transbordement, un stockage intermédiaire puis une livraison sur des sites parfois isolés nécessitant des convois exceptionnels.
Cette complexité multiplie les sources d'exposition :
- opérations de levage et de manutention ;
- chargement, déchargement et transbordement ;
- défaut d'arrimage ou mouvements du navire ;
- transport routier exceptionnel ou acheminement fluvial ;
- stockage prolongé dans les ports ou sur chantier ;
- dommages internes non immédiatement visibles ;
- humidité, condensation et corrosion saline.
À ces difficultés s'ajoute souvent la complexité de déterminer l'origine d'un dommage et d'établir les responsabilités respectives entre fabricant, manutentionnaire, transporteur ou logisticien.

La DSU : couvrir les conséquences économiques du sinistre
Dans les projets énergétiques, un dommage transport ne se limite pas à la perte ou à la réparation d'un équipement.
La garantie DSU (Delay in Start-Up) couvre les conséquences financières d'un retard de mise en service résultant d'un dommage matériel garanti survenu pendant le transport.
Lorsqu'un équipement essentiel est endommagé, les impacts peuvent largement dépasser la valeur de la marchandise elle-même :
- perte de revenus d'exploitation ;
- retard dans la production d'énergie ;
- pénalités contractuelles ;
- difficultés liées au remboursement de la dette du projet ;
- report des objectifs de mise en service.
Lorsqu'ils résultent d'un dommage matériel garanti, la maîtrise de ces impacts financiers constitue un enjeu majeur pour les développeurs, investisseurs et prêteurs.

BESS et hydrogène : de nouveaux défis assurantiels
La montée en puissance des systèmes de stockage par batteries (BESS - Battery Energy Storage System) constitue l’évolution majeure du secteur énergétique.
Ces équipements cumulent plusieurs facteurs de risque :
- forte valeur unitaire ;
- réglementation spécifique applicable au transport ;
- exigences renforcées de conditionnement et de surveillance ;
- risque d'incendie lié aux phénomènes d'emballement thermique.
Parallèlement, les projets hydrogène s'appuient sur des électrolyseurs de grande capacité, particulièrement sensibles aux dommages lors des opérations de transport et de manutention.
Dans les deux cas, les enjeux portent autant sur la prévention et la couverture des dommages matériels que sur les conséquences d'un retard de mise en service pour les investissements et les calendriers industriels.
Anticiper pour sécuriser les projets énergétiques
Dans les projets énergétiques, un sinistre transport peut rapidement produire des conséquences bien au-delà de la marchandise elle-même. Il peut affecter les échéances de mise en service, l'équilibre financier du projet et les engagements pris auprès des partenaires et financeurs.
Grâce à la complémentarité de nos expertises Cargo et Énergie, nous accompagnons nos clients dans l'identification des équipements critiques, l'analyse des vulnérabilités logistiques et la structuration de solutions d'assurance adaptées, incluant les enjeux de DSU.
Dans un environnement marqué par l'essor de technologies comme les BESS ou l'hydrogène, cette approche permet d'anticiper les dommages matériels susceptibles de retarder la mise en service et de contribuer à la sécurisation des projets énergétiques.
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